La fusion de l'Afii avec Ubifrance fait débat

Les Echos du 29 janvier 2014
Bercy et le Quai d'Orsay ne sont pas d'accord sur le degré de rapprochement des deux agences.

Ce n'est pas un secret, la diplomatie économique du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, fait grincer des dents à Bercy. Et complique certains arbitrages. Comme celui du « rapprochement » entre l'Agence française pour les investissements internationaux (Afii) et Ubifrance. Ce rapprochement entre l'agence publique chargée d'attirer les investisseurs étrangers en France et celle chargée d'accompagner les entreprises françaises à l'étranger avait été acté l'été dernier par Matignon. Mais Bercy et le Quai d'Orsay ne sont pas d'accord sur la portée de ce rapprochement. La ministre du Commerce extérieur, Nicole Bricq, plaide pour une fusion la plus complète possible, arguant qu'attractivité et compétitivité à l'exportation sont les deux faces d'une même médaille, que les compétences professionnelles sont proches et que le réseau de l'Afii n'a pas la taille critique. Le Quai d'Orsay est contre arguant que les métiers ne sont pas les mêmes. Il avait d'ailleurs remporté une première victoire en obtenant que Matignon ne parle que de « rapprochement » (et non de « fusion »).

Chargée d'étudier les modalités de ce rapprochement, un rapport confidentiel de l'Inspection des finances préconiserait de déjà fusionner les exécutifs des deux structures, renvoyant à plus tard une fusion complète des réseaux. Des noms circulent déjà pour chapeauter ce nouvel ensemble, comme celui de la secrétaire générale de la mairie de Paris, Véronique Bédague-Hamilius.

Mais Bercy veut croire qu'une fusion plus poussée est encore possible. Et ce n'est pas un hasard si le député PS Thierry Mandon est entré hier dans la bataille, arguant sur RMC qu'il faut « compacter » les différents intervenants et « faire comme les Allemands, comme les Anglais, une seule marque qui vend la France ». Très écouté du chef de l'Etat, cet élu chargé du copilotage du « choc de simplification » promis par François Hollande s'aligne sur la position de Bercy au moment où les arbitrages approchent. L'exécutif souhaiterait pouvoir faire des annonces lors du conseil stratégique de l'attractivité du 17 février.
Frédéric Schaeffer, Les Echos


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